Les manifestations se poursuivent et appellent à la grève générale au Liban

Les Libanais se mobilisent lundi pour la 26e journée consécutive contre la classe dirigeante. À la veille d’une réunion parlementaire exceptionnelle largement décriée par les manifestants, et ils appelent à la grève Générale mardi .
Le pays vit depuis le 17 octobre au rythme d’un mouvement de contestation inédit réclamant le départ de l’ensemble de la classe politique. Elle est jugée corrompue et incapable de mettre fin au marasme économique.
Lundi, le gouverneur de la Banque centrale Riad Salamé a tenu une conférence de presse. Les craintes d’une crise financière vont crescendo, sur fond de restrictions sur les retraits bancaires et de volatilité des prix.
Sur le terrain, des centaines de manifestants, dont de nombreux écoliers et étudiants, se sont rassemblés dans la matinée dans plusieurs villes du pays, brandissant des drapeaux libanais et appelant au départ de tous les dirigeants. Cette nouvelle journée de mobilisation intervient au lendemain du «dimanche de la détermination» ayant rallié des milliers de manifestants à travers le pays.

La révolte populaire se poursuivant et en raison des appels à la grève générale demain mardi, toutes les écoles, écoles secondaires, instituts techniques et universités garderont leurs portes fermées le 12 novembre 2019.

Le ministre sortant de l’Education, Akram Chehayeb, a annoncé lundi que les écoles et universités seront fermées le mardi 12 novembre “afin de protéger la sécurité des élèves et de respecter leur droit à s’exprimer démocratiquement”, alors que la contestation libanaise contre le pouvoir se poursuit depuis près d’un mois.

Il précise que cette décision permet non seulement de protéger la sécurité des enfants, mais également de leur permettre de descendre dans les rues pour manifester alors que, depuis la fin de la semaine dernière, la jeunesse mène de nombreuses actions dans le cadre de la contestation.

des protestataires ont campé devant le bâtiment de l’Électricité du Liban (EDL), l’un des principaux symboles de la déliquescence des services publics dans un pays où le courant 24h/24 n’est toujours pas assuré. Sous-productive et chroniquement déficitaire, l’EDL a coûté 1,8 milliard de dollars au Trésor en 2018, selon les chiffres officiels.
Certains ont dormi devant le bâtiment, sous des tentes érigées en travers de la chaussée. D’autres manifestants, munis de casseroles, se sont rassemblés sur le lieu de résidence du gouverneur de la Banque centrale.
Le mouvement de contestation, qui a transcendé les régions et les communautés dans un pays multiconfessionnel, a entraîné la démission le 29 octobre du premier ministre Saad Hariri. Mais les tractations traînent depuis pour la formation d’un nouveau gouvernement.

Mardi, l’Assemblée nationale doit tenir une session législative exceptionnelle pour voter une série de lois, dont celle sur une amnistie générale qui profiterait entre autres à des islamistes et à certaines personnalités politiques. Selon les manifestants, qui exigent que la réunion soit retransmise en direct, cette loi permettrait de protéger les dirigeants. Depuis dimanche, les appels fusent sur les réseaux sociaux pour bloquer l’accès des députés au Parlement.

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