Ministère grec des Affaires étrangères convoque l’ambassadeur de Libye à Athènes

Le ministère grec des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur de la Libye à Athènes pour lui demander des « informations sur le contenu » du mémorandum militaire signé entre Ankara et le gouvernement libyen d’union nationale (GNA), a-t-on appris samedi de source  diplomatique grecque.  Athènes a exprimé « son mécontentement » concernant ce mémorandum et demandé  à l’ambassadeur de la Libye de fournir des informations« d’ici le 5 décembre, »sinon il sera expulsé”, a indiqué  une source diplomatique grecque.
Jeudi, Athènes avait également demandé à l’ambassadeur de la Turquie en Grèce de fournir des informations sur ce sujet, selon la même source.
Le ministre grec des Affaires étrangères, Nikos Dendias, se rendra dimanche au Caire où il doit s’entretenir avec son homologue égyptien Sameh Choukry “des évolutions récentes à l’est de la Méditerranée sur fond du mémorandum  turco-libyen”, selon un communiqué ministériel.
Signé mercredi lors d’une rencontre à Istanbul entre le président turc Recep Tayyip Erdogan et le chef du GNA Fayez al-Sarraj, ce protocole “de coopération militaire et sécuritaire « renforce » l’accord-cadre de coopération  militaire existant« et »les liens entre les armées” de deux pays, selon Ankara.
Mais à Athènes, certains médias ont évoqué le risque de violations des « zones maritimes » grecques sur fond de cet accord. “La signature de ce mémorandum ne peut pas violer les droits souverains des pays tiers« car »ce serait une violation flagrante du droit international de la mer”, a répondu jeudi Alexandros Yennimatas, porte-parole du ministère grec  des Affaires étrangères.

Le mémorandum turco-libyen survient en dépit d’un appel lancé en octobre par la Ligue arabe à ses membres à ne plus coopérer avec Ankara et à réduire leur représentation diplomatique en Turquie à la suite de l’offensive militaire lancée par cette dernière contre les forces kurdes en Syrie.
Fayez al-Sarraj est notamment soutenu par la Turquie et le Qatar. L’Italie, ancienne puissance coloniale en Libye, semble aussi en sa faveur. Son rival Khalifa Haftar, homme fort de l’Est libyen dont les forces ont lancé en avril une offensive contre la capitale Tripoli, bénéficie de son côté du soutien de l’Egypte et des Emirats arabes unis et d’un appui au moins politique notamment des Etats-Unis et de la Russie. La France a été accusée de  le privilégier, ce dont elle se défend.
Situé dans le sud-est de la Méditerranée, la Grèce, pays traditionnellement  pro-arabe, maintient des relations délicates avec la Turquie voisine, porte  d’entrée de milliers de demandeurs d’asile sur les îles grecques.

 



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