Tensions entre Moscou et Ankara après la mort de six soldats turcs

Des semaines de bombardements dans la ville d’Idlib, dans le nord de la Syrie, ont suscité des tensions entre Moscou et Ankara, Recep Tayyip Erdogan a considéré les développements actuels dans le gouvernorat syrien d’Idlib comme «incontrôlables», affirmant qu’environ un million de réfugiés se dirigeaient vers la frontière avec la Turquie.
près d’un million de réfugiés syriens s’approchent de la frontière turque, la situation dans le gouvernorat d’Idlib devient ingérable, a déclaré lundi 3 février Recep Tayyip Erdogan, en visite en Ukraine.

«La situation à Idlib devient incontrôlable […].À présent, près d’un million de Syriens ont quitté cette région et se dirigent vers la frontière avec la Turquie», a indiqué M.Erdogan lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky.

Le Président turc a en outre annoncé que le nombre de Turcs tués dans les tirs d’artillerie syriens à Idlib était passé de six à huit, dont cinq soldats et trois spécialistes civils, avant de critiquer Moscou pour sa position à l’égard des actions de Damas.
M.Erdogan avait précédemment accusé l’armée syrienne d’avoir attaqué les forces turques dans ce gouvernorat et promis une riposte, Il a appelé la Russie à remplir ses obligations dans la province syrienne d’Idlib,

Selon lui, une trentaine de soldats syriens ont été tués lors de frappes menées par des chasseurs F-16 turcs et des tirs d’artillerie à Idlib.

Dans le même temps, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et son homologue turc, Mevlut Cavusoglu, se sont aussi penché ce lundi 3 février sur la situation à Idlib lors d’un entretien téléphonique.
Selon M.Lavrov, les deux ministres ont confirmé la nécessité de respecter les accords bilatéraux conclus en septembre 2018 par MM.Erdogan et Poutine et qu’il fallait séparer au plus vite les radicaux basés à Idlib et les forces d’opposition dites «modérés» et mettre fin aux provocations contre l’armée et les civils syriens.

La zone de désescalade d’Idlib est l’une des quatre zones dont la création a été décidée lors des négociations à Astana (aujourd’hui Noursoultan) en mai 2017.
Elle s’étend sur le gouvernorat d’Idlib et certaines parties des gouvernorats voisins de Lattaquié, de Hama et d’Alep. La plupart de la zone d’Idlib est occupée par les terroristes du Front al-Nosra, alors que les trois autres zones sont passées sous le contrôle de Damas en 2018.
En septembre 2018, la Russie et la Turquie se sont mises d’accord de créer une zone démilitarisée à Idlib.

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