Turquie: des maires pro-kurdes remplacés par des fonctionnaires, l’Europe condamne fermement

L’union Européenne a réagit vivement à la décision du gouvernement d’Erdogan d’écarter des maires pro kurdes démocratiquement élus par des fonctionnaires, il s’agit d’une purge repressive et représente une grave atteinte aux choix populaires.

L’AKP avait perdu les municipales le 31 mars, après avoir fait rejouer l’élection à la mairie d’Istanbul. Mais l’opposition a pris dans la nuit de dimanche à lundi 19 août un nouveau coup dur : trois maires pro-kurdes élus dans d’importantes villes du sud-est de la Turquie ont été démis de leurs fonctions, accusés d’activités « terroristes », moins de cinq mois après leur élection.

Diyarbakir, Mardin et Van. Ces trois villes importantes du sud-est de la Turquie avaient élu leur maire – respectivement Adnan Selçuk Mizrakli, Ahmet Türk et Bedia Özgökçe Ertan – à une large majorité, entre 54 et 63%. Ces élus du HDP sont désormais remplacés par des fonctionnaires.

Dans un communiqué, le HDP a dénoncé ce lundi un « geste clairement hostile à la volonté politique du peuple kurde ». Il a été soutenu par le maire d’Istanbul :  Ekrem Imamoglu, élu d’un autre parti d’opposition le CHP a critiqué « une pratique » qui « ne peut être associée à des pratiques démocratiques ». « Ignorer la volonté du peuple, a-t-il écrit sur Twitter, est inacceptable.

“It is impossible to associate the removal of Diyarbakır, Van and Mardin Mayors with democratic practices. The three mayors who are replaced by state-appointed trustees were elected by popular vote in the March 31 local elections. Ignoring the will of the people is unacceptable”

Remplacer des élus par des fonctionnaires choisis par le pouvoir, la pratique est connue : aux municipales de 2014 déjà, le parti pro-kurde avait remporté 102 municipalités ; 95 sont ensuite passées sous contrôle direct du gouvernement…

À chaque fois, la même rhétorique : les élus sont accusés d’appartenance au PKK. L’organisation est classée terroriste par la Turquie, les États-Unis et l’Europe.

La répression s’est en tout cas accentuée depuis trois ans. Les dirigeants du parti sont derrière les barreaux et à la présidentielle de juin 2018, son candidat avait fait campagne… de sa prison.



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