Centrafrique: ONU accuse les forces armées de violer des droits humains

L’émissaire de l’ONU en Centrafrique, Mankeur Ndiaye a vivement dénoncé, le comportement des forces nationales centrafricaines et de leurs alliés russes, présumés responsables de multiples violations des droits humains et qui entravent gravement, selon lui, les opérations des Casques bleus de la Minusca.

Selon l’ONU, les groupes rebelles ne représentent plus la seule menace pour les populations civiles et le bon déroulement de la mission de maintien de la paix en Centrafrique. Les forces armées et les paramilitaires russes qui les soutiennent seraient également responsables de l’instabilité qui règne dans le pays.

Ceci représente “une nouvelle tendance”, a-t-il affirmé au Conseil de sécurité de l’ONU, évoquant des “violations des droits de l’Homme et manquements au droit international humanitaire imputables aux forces armées centrafricaines, forces bilatérales et autres personnels de sécurité” – allusion aux centaines de paramilitaires russes issus du groupe privé Wagner.

L’ambassadeur français à l’ONU, Nicolas de Rivière, aussi dénoncé l’action de paramilitaires russes. La Russie ne reconnaît la présence en Centrafrique que d’un millier “d’instructeurs non armés”. Sur le terrain, ONG et témoins évoquent cependant une présence plus conséquente et participant ouvertement aux hostilités.

Au nom des États-Unis, l’ambassadeur américain Richard Mills a condamné “dans les termes les plus forts toutes les attaques contre les Casques bleus”. S’appuyant sur les rapports continus portant sur des violations des droits humains et de l’embargo sur les armes par les forces centrafricaines et des instructeurs russes, il a affirmé que ces derniers “opéraient directement comme une extension du ministère russe de la Défense”.

Anna Evstigneeva, de la mission diplomatique russe à l’ONU, s’est insurgée contre une “propagande anti-russe”. Il n’y a “aucune preuve d’une présence de mercenaires russes”, a-t-elle dit, assurant que les “instructeurs russes” dans le pays “formaient les forces centrafricaines en ne participant en aucun cas aux combats”.

“Cela compromet toute chance de bâtir une cohésion sociale”, “aggrave la marginalisation de certaines communautés, et fait craindre la radicalisation des groupes armés”, a estimé l’émissaire. “Il s’agit là d’une nouvelle tendance qui, si l’on n’y prend pas garde, ruinera les maigres progrès difficilement réalisés dans la quête d’une cohésion sociale et de la réconciliation nationale”, a-t-il insisté.

“Le déploiement des forces bilatérales ne gagnera en utilité et en légitimité qu’à condition de contribuer à la protection des civils”, “de relever le professionnalisme et l’efficience des forces de défense et de sécurité” et “de mettre fin à la violence”, a précisé Mankeur Ndiaye, alors que Bangui a promis de mettre un terme aux entraves subies par la Minusca.

À propos des obstructions imposées aux 15 000 Casques bleus de la Minusca, l’émissaire a dénoncé une série d’incidents, allant de fouilles “à l’invasion” d’une base onusienne à Bria pour s’emparer de carburant, en passant par la mise en joue de son adjointe le 28 mai à un barrage, la poussant à rebrousser chemin.

par: Arab Observer 



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