Hariri: L’essentiel c’est de hâter la formation du gouvernement

Pour le deuxième jour consécutif, le Premier ministre désigné, Saad Hariri, s’est entretenu mercredi au palais présidentiel de Baabda avec le chef de l’Etat, Michel Aoun, dans le cadre de ses efforts pour former un nouveau gouvernement. Après avoir dit espérer la veille pouvoir trouver “une formule avant Noël” pour atteindre son objectif, le Premier ministre désigné s’est montré nettement moins optimiste, faisant état d'”obstacles clairs” qui entravent selon lui le processus. Il a toutefois espéré que le gouvernement soit formé “après le Nouvel An”.

“Je souhaite qu’il y ait un gouvernement mais il y a encore des obstacles clairs. Les problèmes politiques existants sont clairs”, a reconnu le Premier ministre désigné lors d’une brève allocution à sa sortie du palais de Baabda. “Que personne ne dise qu’on ne peut pas stopper l’effondrement. Mais pour cela, nous avons besoin d’un gouvernement formé d’experts pour mettre en œuvre les réformes. Je suis toujours attaché à la formation d’un tel cabinet d’experts.

Il faut regagner la confiance et il n’y a plus de temps à perdre, car le pays s’effondre rapidement”, a mis en garde M. Hariri. “Nous, Libanais, sommes les seuls à pouvoir stopper l’effondrement, mais pour cela, nous devons faire preuve de modestie, car le Liban mérite qu’on lui fasse des sacrifices”, a-t-il ajouté, dans un message visiblement adressé à ses adversaires politiques sur la scène nationale.

“Les responsables doivent penser aux citoyens qui ont été sinistrés après l’explosion au port de Beyrouth. Nous pouvons stopper l’effondrement, mais nous devons faire preuve de modestie en pensant à l’intérêt du pays.

“L’essentiel c’est de hâter la formation du gouvernement”, a répété Saad Hariri. “Nous avons besoin de personnes qui peuvent servir l’intérêt du pays. Nous accusons du retard, peut-être, dans le processus de formation, et cela exerce une pression sur le pays. Mais le président Aoun et moi-même sommes attachés à la formation du cabinet”, a tenté de se justifier le leader du courant du Futur.

L’entretien Aoun-Hariri, aujourd’hui, est le 14e entre les deux hommes, depuis la nomination du leader du Futur pour former le cabinet, le 22 octobre dernier. Une rencontre qui intervient dans un contexte politique tendu, marqué par un bras de fer entre le tandem Baabda-Courant patriotique libre d’une part, et la Maison du Centre de l’autre. Un différend oppose les deux camps autour du rôle du président de la République dans le processus gouvernemental et de la répartition des portefeuilles, Baabda et le CPL étant accusés d’œuvrer pour obtenir le tiers de blocage (sept ministres dans le cadre d’une formule de 18).

Lors de sa désignation, le 22 octobre, Saad Hariri s’était pourtant engagé à former un cabinet de spécialistes indépendants. La volonté de former un gouvernement d’indépendants se base sur l’initiative française, qui avait été annoncée le 1er septembre lors de la visite du président français Emmanuel Macron à Beyrouth.

par: Arab Observer



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