Dégringolade historique pour la livre turque

La livre turque lâche plus de 1,5% ce lundi et s’échange pour la première fois de son histoire contre 8 dollars, plombée par une combinaison de tensions géopolitiques croissantes et de préoccupations concernant la gestion de l’économie du pays, L’indice de référence de la Bourse d’Istanbul.

Le plongeon de la monnaie turque intervient alors que Recep Tayyip Erdogan a lancé, au cours du week-end, de virulentes attaques contre Paris et Washington notamment.

La livre a perdu environ 30% de sa valeur par rapport à la devise américaine depuis le début de cette année, selon “Reuters”.

Dégringolade historique pour la devise turque, mise sous pression par le récent regain de tensions diplomatiques entre Istanbul, l’Europe et les États-Unis. La livre turque lâche des niveaux jamais atteints auparavant. Parmi les monnaies des grands pays émergents, la livre turque affiche ainsi le deuxième plus important repli en 2020.

Recep Tayyip Erdogan défie par ailleurs les États-Unis de donner suite à ce qu’il a qualifié de menaces de sanctions à l’encontre du pays en raison de son rôle dans la reprise des combats dans la région contestée du Haut-Karabakh, dans le Caucase, où Ankara a fourni des armes et offert un soutien politique fort aux forces armées d’Azerbaïdjan, qui combattent les soldats arméniens dans la région.

Aux tensions géopolitiques croissantes entre la Turquie et l’Occident viennent s’ajouter les préoccupations des économistes quant à la gestion de l’économie du pays. La baisse continue de la monnaie risque en effet d’alimenter l’inflation chronique.

La chute de la livre illustre aussi la défiance accentuée ces dernières années entre les marchés et Ankara, notamment depuis une tentative de putsch en 2016 qui a été suivie d’une ferme reprise en main des affaires économiques par Recep Erdogan. Le président turc a ainsi acquis un contrôle sans précédent sur les institutions du pays, y compris sur la Banque centrale théoriquement indépendante. Ce tour de vis s’est traduit par le maintien et plusieurs baisses du principal taux directeur de la Banque centrale depuis un an, au grand dam des économistes qui exhortent le pays à relever ses taux pour endiguer l’inflation.

par: Arab Observer



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