La Syrie entre les dangers de Coronavirus et les menaces d’Erdogan

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé lundi d’une escalade militaire dans le nord de la Syrie.
Erdogan a déclaré, après une réunion du cabinet, sur la situation dans le nord de la Syrie: “Nous n’attendrons plus que les attaques se poursuivent dans les zones de sécurité en violation des accords”.

Neuf policiers ont été exécutés par balles lundi 4 mai par des assaillants inconnus dans la province de Deraa, dans le sud de la Syrie régulièrement secoué par des attentats contre les forces pro-régime, a rapporté une ONG.
L’attaque, qui n’a pas été revendiquée, a visé le siège de la municipalité dans la localité d’al-Mazirib, un secteur proche de la frontière avec la Jordanie voisine, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). «Des assaillants inconnus ont attaqué la municipalité (…) kidnappant neuf membres des forces de l’ordre avant de les tuer par balles et d’abandonner les corps sur une place» publique, a indiqué le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Le président syrien Bachar al-Assad a dit craindre lundi que les mesures prises pour alléger le confinement imposé pour lutter contre le nouveau coronavirus n’augmentent les risques d’une «catastrophe» dans le pays en guerre.
Le gouvernement a jusqu’à présent enregistré officiellement 44 cas de contamination au nouveau coronavirus, dont trois morts, tandis que les autorités kurdes dans le nord-est de la Syrie ont fait état de trois cas dans les zones sous leur contrôle. «Bien que les chiffres soient limités, cela ne signifie pas qu’ils ne vont pas exploser soudainement en quelques jours, voire quelques semaines», a prévenu Bachar al-Assad en s’adressant au comité gouvernemental luttant contre le virus.

«Cela nous mènerait à une véritable catastrophe qui pourrait submerger les infrastructures médicales et logistiques de l’Etat», a-t-il ajouté. La semaine dernière, le gouvernement a débuté l’allègement progressif du confinement décrété en mars et qui a lourdement pesé sur l’économie exsangue du pays, déchiré depuis mars 2011 par une guerre ayant tué plus de 380.000 personnes et poussé des millions de Syriens à l’exil. Un couvre-feu reste imposé sur l’ensemble des territoires sous contrôle de Damas, et les habitants n’ont pas le droit de voyager d’une province à l’autre.
Les marchés ont repris leurs activités diurnes le 29 avril et les universités pourraient rouvrir leurs portes d’ici peu selon le gouvernement. Le pays est en «phrase de transition», a indiqué Bachar al-Assad. «Outre le défi sanitaire, le défi auquel nous sommes confrontés pendant la pandémie de coronavirus, et même avant, est le défi économique», a-t-il souligné.

par: Arab Observer

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