Ali Babacan: L’heure est venue pour la Turquie de se soigner

Les difficultés s’accumulent pour le président turc Recep Tayyip Erdogan, à la tête du Parti de la justice et du développement, l’AKP. Après une première scission en décembre menée par l’ancien Premier ministre Ahmet Davutoglu, c’est maintenant l’ancien vice-Premier ministre chargé de l’Économie, Ali Babacan, qui annonce la création d’un nouveau parti, le Parti de la démocratie et du progrès. Lors d’une conférence de presse à Ankara, mercredi 11 mars, Ali Babacan s’est clairement présenté en rival du président Erdogan, sans le nommer.

Deva : c’est le nom d’un nouveau parti politique créé en Turquie. C’est l’acronyme de Parti pour le développement et le progrès. Et c’est aussi tout un symbole : Deva, en turc, signifie « remède ». Son fondateur, Ali Babacan, qui avait claqué la porte de l’AKP – la formation politique de Recep Tayyip Erdogan – l’an dernier en évoquant de « profondes divergences » avec le chef de l’État, a dressé un constat très sombre de la Turquie actuelle.
L’ancien vice-Premier ministre chargé de l’Économie a notamment cité les « violations des droits de l’Homme », les « libertés en recul », les salariés qui craignent à tout instant de perdre leur travail, les investisseurs qui n’ont aucune visibilité sur l’avenir… « La justice est blessée, notre démocratie est faible… », a lancé le nouveau rival de Recep Tayyip Erdogan. « L’heure est venue pour la Turquie de se soigner », a-t-il ajouté.
Jeune, Ali Babacan, qui fêtera son 53e anniversaire début avril, est une figure de la politique turque, apprécié des marchés, membre du gouvernement sans interruption pendant plus de 13 ans de 2002 à 2015. Bref, un ancien « très proche » du président Erdogan. Pour le dirigeant turc, la naissance de cette formation, après une première scission en décembre, est une très mauvaise nouvelle. Le parti Deva s’adresse en priorité aux électeurs du président et en particulier à ceux qu’il a déçus : les conservateurs attachés au respect de l’État de droit et à la démocratie parlementaire.

 

par: Arab Observer

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