Optimisme prudent sur le cessez-le-feu en Libye

La communauté internationale a accueilli à bras ouverts le cessez-le-feu conclu par les parties au conflit en Libye. Malgré cela, le nouvel accord conclu a laissé de côté des questions telles que les mercenaires, les milices et le pétrole.

La Ligue arabe a salué dans une déclaration “l’engagement à un cessez-le-feu immédiat et à la cessation de toutes les opérations militaires sur le territoire libyen”, elle a également salué l’engagement des deux parties à “travailler à des accords sur la reprise globale des opérations de production et d’exportation de pétrole”, et ainsi “tourner la page sur le conflit (…) pour parvenir à une solution pacifique globale de la crise libyenne”.

Ils ont tous exprimé son “espoir” que cette étape conduise à “un accord de cessez-le-feu formel, permanent et global sous les auspices et la supervision des Nations unies” afin de “mettre fin aux interventions militaires étrangères et à la présence de mercenaires” impliqués dans le conflit.

Le scénario libyen a été compliqué par l’ingérence de puissances étrangères et l’envoi de mercenaires de Syrie vers les terres libyennes. La distribution des bénéfices pétroliers a également été exclue de l’accord. La nouvelle trêve fait déjà partie d’une liste d’accords qui ont été signés au fil des ans.

Depuis la conclusion de l’accord de Skhirat au Maroc en 2015 sous les auspices des Nations unies, plusieurs initiatives ont été annoncées pour sortir la Libye de la crise qui s’est toujours soldée par un échec.

Mais le parlement élu en 2014 et le Congrès national, ont émis des réserves sur l’accord. En novembre 2018, l’Italie, ancienne puissance coloniale de la Libye, a organisé une conférence internationale à Palerme pour tenter de réunir à nouveau les parties, mais la conférence a échoué en raison des divisions persistantes entre les Libyens et des interventions étrangères, notamment de la Turquie.

Le 28 février 2019, les Nations unies ont annoncé un nouvel accord conclu à Abou Dhabi lors d’une réunion entre Al-Sarraj et Haftar sur la tenue d’élections en Libye, mais sans préciser de calendrier et il n’a pas été mis en œuvre. Le 20 mars 2019, la mission de l’ONU en Libye a annoncé une “conférence nationale” à la mi-avril à Ghadames (centre), au cours de laquelle une “feuille de route” serait établie pour sortir le pays de la crise, mais les événements sur le terrain se sont déroulés à contre-courant du consensus.

La récente augmentation des interventions turques et du transfert de mercenaires a alimenté le conflit et aggravé le chaos en Libye. Après tant d’échecs… il est difficile de savoir si les points convenus dans le nouvel accord seront respectés ou resteront sur le papier.

par: Arab Observer

 

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