Covid-19: L’OMS prévient , l’Europe dans l’oeil de cyclone

Avec plus de 90.000 morts, l’Europe reste “dans l’oeil de cyclone” face à l’épidémie de Covid-19, a averti jeudi l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), au moment où plusieurs gouvernements ont décidé ou envisagent d’assouplir les mesures de confinement prises contre cette pandémie meurtrière.
Malgré des “signes encourageants”, le nombre de cas a quasi doublé ces dix derniers jours en Europe, pour atteindre près d’un million, selon l’OMS.
L’agence onusienne exhorte donc les dirigeants européens à “ne pas baisser la garde” et à s’assurer que l’épidémie est sous contrôle avant la levée des restrictions.

Comme pour confirmer que la pandémie reste une lourde menace pour le Vieux continent, le président russe Vladimir Poutine s’est résolu jeudi à reporter la grande parade militaire du 9 mai, grand-messe patriotique célébrant la victoire sur l’Allemagne nazie en 1945.
“Les risques liés à l’épidémie (…) sont encore extrêmement élevés et cela ne me donne pas le droit de lancer les préparatifs à la parade et aux autres événements de masse”, a déclaré M. Poutine lors d’une réunion télévisée avec son Conseil de sécurité.
Le Royaume Uni, l’un des pays européens les plus touchés (861 décès supplémentaires ces dernières 24 heures, pour près de 13.729 morts au total), va prolonger le confinement “pour au moins trois semaines”, a déclaré le ministre des Affaires étrangères Dominic Raab, qui supplée le Premier ministre Boris Johnson, en convalescence du Covid-19.

Depuis son apparition en Chine en décembre, la maladie a infecté plus de deux millions de personnes à travers le monde et fait plus de 137.000 morts, dont plus de 90.000 rien qu’en Europe, selon un comptage à partir de sources officielles jeudi à 10H30 GMT.
Plus de 4,4 milliards de personnes, soit près de 57% de la population mondiale, sont actuellement confinées, sous état d’urgence ou contraintes par leurs autorités à rester chez elles.
Mardi, l’OMS avait souligné que “le monde (était) à un tournant” et préconisé une très grande progressivité dans les mesures de déconfinement pour éviter une deuxième vague d’infections.

Inquiets des conséquences dramatiques des restrictions pour leurs économies à l’arrêt et arguant du ralentissement des admissions en soins intensifs et des hospitalisations, plusieurs pays européens ont commencé à élaborer leurs plans de déconfinement et même à assouplir quelques mesures.
La Suisse a annoncé jeudi un déconfinement “lent” et “progressif” à compter du 27 avril, tandis que l’Allemagne compte rouvrir prochainement certains magasins et, à partir du 4 mai, écoles et lycées.
Mercredi, près de la moitié des écoliers du Danemark ont retrouvé leurs classes. L’Autriche a rouvert mardi ses petits commerces non essentiels et l’Italie, deuxième pays le plus affecté au monde avec 21.645 morts, a rouvert certaines boutiques.

En Espagne (19.130 morts), une partie des salariés a repris le chemin du travail. Mais le confinement devrait être prolongé au-delà du 25 avril. Et certaines régions contestent ce bilan, affirmant que plusieurs milliers de personnes supplémentaires ont succombé.
La France (17.167 morts) elle aussi prépare son plan de déconfinement progressif à partir du 11 mai.
Aux Etats-Unis, Donald Trump entend relancer la machine économique au plus vite et doit présenter jeudi sa feuille de route.
“Nous allons rouvrir des Etats, certains Etats beaucoup plus tôt que d’autres. Certains Etats pourraient en fait ouvrir avant l’échéance du 1er mai”, a assuré le président américain mercredi, estimant que les Etats-Unis ont probablement “passé le pic” des nouveaux cas.

Signe de la gravité de la crise économique provoquée par le Covid-19, le pays a enregistré la semaine dernière 5,2 millions de nouveaux demandeurs d’allocations chômage, selon le département du Travail. En un mois, plus de 20 millions de personnes ont ainsi demandé une allocation chômage pour la première fois.
Les Etats-Unis paient aujourd’hui le plus lourd tribut au monde avec 30.985 décès pour 639.664 cas.
“Aidez-nous financièrement ou vous n’aurez pas de reprise nationale”, a lancé le maire de New York Bill de Blasio, à l’attention de Donald Trump, l’enjoignant à débloquer des milliards de dollars d’aide fédérale.

Les crémations ont plus que doublé et les enterrements quintuplé à New York, et Green-Wood, son plus grand cimetière, est arrivé à la limite de ses capacités.
Les Etats-Unis ne sont pas prêts au déconfinement, a prévenu de son côté Tom Frieden, ancien directeur sous la présidence Obama des Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies (CDC).
Pour la Russie, qui bat chaque jour de nouveaux records d’infections (27.938 malades et 232 morts), pas question pour le moment de déconfinement. Les Etats-Unis et la Russie devraient même “s’entraider face à la pandémie”, a plaidé le président Poutine.

La mairie de Moscou a déploré le non-respect du confinement dans la capitale, principal foyer de contamination dans le pays: “malheureusement, la situation ne s’arrange pas; nos concitoyens marchent dans la rue, se promènent, vont aux terrains de jeux, vont dans les parcs, font des barbecues”.
Dans la Libye en guerre, le Gouvernement d’union nationale (GNA) a annoncé un confinement général de dix jours dans les zones qu’il contrôle dans l’ouest de la Libye, dont la capitale Tripoli.
En Asie, le Premier ministre japonais Shinzo Abe a annoncé l’extension de l’état d’urgence à l’ensemble de l’archipel nippon.

Au Nigeria, les forces de l’ordre ont tué 18 personnes qui n’auraient pas respecté les mesures de confinement, a accusé la commission nationale des droits de l’Homme.
Au Nicaragua en revanche, pas de confinement, et priorité à l’économie, a insisté le président Daniel Ortega, jugeant que “si on arrête de travailler, c’est la mort du pays”.
Le marché pétrolier mondial, lui, subit “un choc historique, brutal, extrême et d’ampleur planétaire”, selon l’Opep, qui prévoit un effondrement “historique” de la demande mondiale de pétrole en 2020.
En Chine, malgré des critiques venues de l’étranger, les marchés de rue ont rouvert à Wuhan, quatre mois après l’apparition du Covid-19 dans cette cité du centre du pays. De l’avis des experts, on estimait jusqu’à présent que le nouveau coronavirus y était apparu dans un marché de la ville, où des animaux exotiques étaient vendus vivants. Le virus d’origine animale aurait pu y muter en se transmettant à l’Homme.

Les Etats-Unis semblent néanmoins douter désormais de cette version des faits, et ont annoncé jeudi avoir lancé une “enquête exhaustive” pour faire la lumière sur l’origine du Covid-19, disant ne pas exclure qu’il provienne d’un laboratoire de Wuhan, après des informations en ce sens relayées par la presse américaine.
Selon le Washington Post, l’ambassade des Etats-Unis à Pékin avait alerté Washington il y a deux ans sur les mesures de sécurité insuffisantes dans un laboratoire local. Et d’après la chaine Fox News, le Covid-19 actuel émanerait de ce même laboratoire, même s’il s’agirait bien d’un virus naturel -et non un agent pathogène créé par les Chinois-, et que sa “fuite” serait involontaire, conséquence de mauvais protocoles de sécurité.

par: Arab Observer



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