Des Libanais en colère ont bloqué des routes après la grève des stations-service

Des Libanais en colère ont bloqué vendredi des routes ou abandonné leur voiture sur la chaussée. Ils protestaient contre une grève des stations-service lancée sur fond de difficultés économiques.
Les stations-service sont en grève depuis jeudi pour dénoncer les “pertes” financières dont elles se disent victimes en raison d’une dépréciation de la livre libanaise face au dollar, assurent-elles.
Le mouvement social intervient dans un contexte tendu au Liban, secoué depuis le 17 octobre par un soulèvement inédit ayant mobilisé des centaines de milliers de manifestants contre des dirigeants accusés de corruption et d’incompétence.

Vendredi, les automobilistes ont fermé plusieurs routes dans la capitale Beyrouth ou ailleurs dans le pays, notamment à Tripoli, grande métropole du nord, ont rapporté des correspondants sur place  et l’agence de presse officielle ANI.
Les rares stations restées ouvertes ont été assaillies par des clients venus faire le plein dans une atmosphère tendue. Les files d’attente se sont allongées et des accrochages ont parfois éclaté entre les automobilistes.
“Je n’ai plus d’essence dans ma moto, ça fait trois heures que j’attends sans succès”, s’insurge Yehia al-Chami, qui fait la queue devant une des rares stations encore ouvertes dans le quartier de Cola à Beyrouth.
“Les gens sont tendus, tous ont besoin d’essence pour continuer leurs activités”, ajoute-t-il, alors qu’autour de lui s’élèvent les protestations des automobilistes. “La station ouvre une demi-heure, puis elle ferme parce que les automobilistes se disputent pendant qu’ils attendent leur tour”, poursuit M. Chami.
Un correspondant sur place a pu voir des dizaines de jeunes venus remplir des bidons ou des bouteilles en plastique. Au micro d’une télévision locale, une femme s’est emportée, assurant qu’elle a abandonné sa voiture au milieu des routes. “J’ai fait le tour de dix stations à la recherche d’essence, et je n’ai pas trouvé”, a-t-elle dit.

Dans son communiqué annonçant la grève, le syndicat des stations-service a dénoncé la différence entre le taux dans les bureaux de change – qui dépasse les 2000 livres libanaises pour un dollar – et le taux officiel (1507 livres libanaises pour un dollar).
L’écart est apparu avec les restrictions de plus en plus sévères adoptées depuis plusieurs mois sur l’obtention du billet vert dans les banques, alors qu’au Liban, le dollar est couramment utilisé pour tout type de transactions.
La question est problématique pour les stations-service car les fournisseurs insistent pour être payés en dollars, avait auparavant déploré leur syndicat. Et un mois après la démission le 29 octobre du gouvernement dirigé par Saad Hariri, aucune issue à la crise politique n’est en vue.
Le coordinateur spécial de l’ONU pour le Liban, Jan Kubis, a rencontré vendredi plusieurs hauts responsables, dont le gouverneur de la Banque centrale Riad Salamé avec qui il a discuté de “mesures urgentes nécessaires pour empêcher une aggravation de la crise économique”.
“La priorité, c’est la formation d’un gouvernement crédible et compétent qui peut regagner la confiance du peuple et des partenaires internationaux du Liban”, a-t-il par ailleurs souligné sur Twitter.

 



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