Ghannouchi menace la Tunisie de violence et de terrorisme et l’Europe d’un flot de réfugiés

Les forces de sécurité tunisiennes ont arrêté le député Yassine Ayari

Le chef de l’ARP suspendu Rached Ghannouchi a brandi la carte de la migration clandestin pour essayer de pousser l’Italie à dénoncer ce qu’il appelle un coup d’Etat en Tunisie, en ajoutant que la violence et le terrorisme reviendront en Tunisie si le président Kais Saied ne revient pas sur ses décisions.

Le président du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, a accordé une interview au journal italien Corriere Della Sera où il a affirmé que nous risquons de nous retrouver dans le chaos, le terrorisme peut attaquer le pays.

Nous sommes tous dans le même bateau, Nous, Tunisiens, l’Europe, en particulier vous, Italiens. Si la démocratie n’est pas rétablie en Tunisie dès que possible, nous sombrerons rapidement dans le chaos.

Le terrorisme peut se développer, la déstabilisation poussera les gens à partir, de toute façon. Plus de 500 000 migrants tunisiens pourraient tenter d’atteindre les côtes italiennes très rapidement, telle était la déclaration de Rached Ghannouchi, 80 ans, chef du parti islamique Ennahdha.

Rached Ghannouchi a indiqué que la nomination d’un nouveau chef de gouvernement doit passer par le parlement. Il n’y a pas d’autres moyens pour former un gouvernement sans qu’il obtienne l’approbation du parlement.

Nous résisterons par tous les moyens pacifiques et légaux. Nous nous battrons pour le retour de la démocratie. Il doit comprendre que le parlement doit revenir au centre des mécanismes décisionnels de l’État.

Depuis les annonces faites par le président de la République, concernant l’activation de l’article 80 de la Constitution, Rached Ghannouchi n’a pas été en contact avec le chef de l’Etat mais il affirme tenter de le contacter afin de sortir de l’impasse qui sera résolu par le dialogue.

Lors de son entretien, Ghannouchi ne nie pas la colère des Tunisiens face à la précarité et la chômage mais il accuse les réseaux sociaux d’alimenter la colère des citoyens qui sont manipulés, selon ses dires.

Ghannouchi se défend contre les accusations de la crise économique et de la crise sanitaire. Il explique que l’ancien chef du gouvernement, Hichem Mechichi, était nommé par Kais Saïed lui-même ajoutant qu’Ennahdha a décidé de le soutenir sans avoir une quelconque responsabilité dans la crise économique et sanitaire qui secoue le pays.

Ghannouchi rassure que la popularité de son parti politique n’a pas chuté. Il a rappelé que le 27 février 2021, plus de 200 000 personnes ont répondu à son appel pour soutenir Ennahdha.

En ce qui concerne la sécurité et les problèmes de violences, Rached Ghannouchi a affirmé que la France et l’Italie seront les premiers pays touchés par les pratiques dictatoriales à cause des flux croissants de bateaux de migration clandestine.

Dans un autre contexte , les forces de sécurité tunisiennes ont arrêté vendredi un député, Yassine Ayari, qui a accusé le président Kaïs Saïed d’avoir mené un coup d’Etat après sa décision de congédier le gouvernement et de geler les travaux du Parlement.

Son épouse, Cyrine Fitouri, a déclaré par téléphone qu’une vingtaine d’hommes en civil se présentant comme des membres du service de sécurité présidentiel avaient fait irruption à leur domicile vendredi matin et interpellé l’élu avec violence.

Dans un long post Facebook publié mercredi, Yassine Ayari annonçait son intention de quitter le Parlement et de se rendre à l’étranger, critiquant “une monarchie populiste militaire”.

“Ils l’ont empoigné avec force alors que sa mère criait”, a rapporté Cyrine Fitouri, précisant qu’il leur avait été demandé de ne pas filmer la scène avec leurs téléphones portables.

par: Arab Observer 



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