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La Banque mondiale met en garde contre une situation économique très grave au Liban

La Banque mondiale (BM) a appelé mercredi à la formation rapide d’un nouveau gouvernement “répondant aux attentes des Libanais”, et mis en garde contre une situation économique “très grave qui risque encore d’empirer”. La BM prévoit également une récession “plus importante que prévue”.
Ces déclarations de l’organisation internationale interviennent alors que le Liban est entré dans son 21e jour de révolte et connaît un certain immobilisme politique depuis la démission du gouvernement de Saad Hariri, le 29 octobre.

“Le Liban est en grande difficulté économique, financière et sociale et la situation pourrait encore empirer”, a souligné dans un communiqué le directeur régional de la BM pour le Moyen-Orient, Saroj Kumar Jha, à l’issue d’une réunion avec le président libanais, Michel Aoun. Il a souligné avoir, lors de son entretien avec le chef de l’Etat, “mis en avant le fait que des mesures crédibles doivent être prises d’urgence pour restaurer la confiance en l’économie et répondre aux attentes du peuple libanais”.

Saroj Kumar Jha a encore estimé que “le Liban ne doit plus perdre de temps pour trouver une solution à certains problèmes”, indiquant que “si la situation politique attire le plus d’attention, la situation économique comporte plus de risques”. “Avec chaque jour qui passe, la situation devient de plus en plus délicate, ce qui fait de tout retour à la normale un grand défi”, ajoute le texte.
“La BM avait projeté une petite récession en 2019, avec une croissance négative de -0,2%, mais désormais nous nous attendons à une récession beaucoup plus importante, en raison des pressions économiques et financières sur le pays”, a indiqué le directeur régional. Il a souligné que “la baisse de confiance dans l’économie libanaise cause une plus grande dollarisation des dépôts, ce qui nuit grandement aux bilans des banques et de la Banque centrale”. Au niveau social, il a estimé que si la situation actuelle empirait, “le taux de pauvreté pourrait atteindre 50%” et le taux de chômage augmenter, notamment au niveau des jeunes.

“Il faut urgemment mettre un terme à la crise économique émergente et restaurer la confiance dans l’économie”, a martelé Saroj Kumar Jha, qui a exhorté le futur gouvernement à “intervenir pour protéger les classes pauvres et moyennes contre les effets négatifs d’ajustements économiques éventuels”. Dans ce cadre, “la formation rapide d’un gouvernement répondant aux attentes des Libanais est l’étape la plus urgente à accomplir, bien que cela reste la première étape” d’une longue procédure, selon lui. Il a insisté sur l’importance d'”améliorer les perspectives de croissance du Liban via des investissements, des créations d’emplois, le redressement des inégalités sociales et la lutte contre la corruption”.
“La Banque mondiale est prête à coopérer avec la communauté internationale pour offrir tout le soutien possible à tout nouveau cabinet qui s’engage à faire preuve de bonne gouvernance et à créer de nouvelles opportunités pour tous les Libanais et surtout les jeunes et les femmes”, ajoute le texte.

De son côté, le président Aoun a indiqué au directeur régional de la Banque mondiale, que “des enquêtes sont en cours concernant des responsables actuels et anciens” accusés de corruption, assurant qu'”aucune exception ne sera faite” pour juger les personnes impliquées. Il a ajouté, selon des propos rapportés par le compte Twitter de la présidence, que 17 dossiers de corruption ont été ouverts par la justice et font l’objet d’enquêtes. Concernant le futur gouvernement, le chef de l’État a précisé qu’il sera formé de “ministres compétents qui ne sont pas suspectés de corruption”.
Depuis le 17 octobre, le Liban connaît une contestation inédite ayant paralysé le pays avec la fermeture, durant les deux premières semaines, des banques, écoles et universités. Sous la pression de la rue, le Premier ministre Saad Hariri a démissionné le 29 octobre mais les concertations pour la formation d’un nouveau cabinet n’avancent pas depuis, exacerbant la colère des manifestants.

Mardi, un mois après avoir adressé un ultimatum aux dirigeants libanais, l’agence de notation Moody’s avait dégradé la notation souveraine du Liban de “Caa1” à “Caa2”, tout en renouvelant la période de mise sous surveillance du pays. C’est la deuxième fois cette année que Moody’s dégrade la note du pays, après un premier abaissement en janvier. L’agence de notation financière américaine, l’une des trois principales avec Fitch et Standard & Poor’s (S&P), avait justifié sa décision en invoquant la possibilité “accrue” que le pays procède à un “rééchelonnement de la dette ou toute autre opération de gestion de passif qui constitue un défaut”, selon sa définition.
Le Liban croule sous une dette de 86 milliards de dollars, soit 150% du PIB, l’un des ratios les plus élevés mondialement.

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