Loi César: Les Etats-Unis imposent des sanctions à la Syrie

Les Etats-Unis ont annoncé mercredi des dizaines de sanctions pour faire cesser “la guerre inutile et brutale” en Syrie dans le cadre de la nouvelle “loi César“, dans l’espoir de priver de ressources le président Bachar al-Assad et ses soutiens.

“A partir d’aujourd’hui, les sanctions prévues par la loi César entrent pleinement en vigueur. Quiconque fera affaire avec le régime Assad, et où qu’il se trouve dans le monde, s’expose à des restrictions de voyage et à des sanctions financières”, a déclaré le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un communiqué.

Il a évoqué “une campagne de pression économique et politique pour priver le régime Assad des revenus et du soutien dont il bénéficie”, assurant que ce n’était là que “le début”.

“Nous prévoyons beaucoup plus de sanctions et ne nous arrêterons pas tant qu’Assad et son régime n’auront pas mis fin à leur guerre inutile et brutale contre le peuple syrien et que le gouvernement syrien n’aura pas accepté une solution politique” sous l’égide de l’ONU, a-t-il prévenu.

Selon lui, bon nombre des personnes et sociétés visées mercredi “ont joué un rôle-clé pour empêcher une solution politique et pacifique au conflit”, tandis que d’autres “ont aidé et financé les atrocités du régime Assad” tout en “s’enrichissant”.

De nombreux membres de la famille et de l’entourage du président syrien sont concernés. Certains étaient déjà sur d’autres listes noires américaines, comme Bachar al-Assad lui-même depuis le début de la répression, en 2011, pour mater un mouvement de révolte populaire, qui aboutit rapidement à une guerre dévastatrice qui a fait plus de 380.000 morts et des millions de réfugiés.

La loi prévoit d’interdire d’entrée aux Etats-Unis et de barrer l’accès au système financier américain à toute personne, institution ou entreprise qui ferait obstacle à la paix en Syrie, ou qui faciliterait logistiquement l’effort de guerre de Damas.

Cela pourrait donc viser directement ou indirectement la Russie et l’Iran, principaux parrains et soutiens militaires du pouvoir syrien dans un conflit qui s’est largement régionalisé. Mais, à part une milice iranienne, ils ont été épargnés par cette première étape de la loi César, qui apparaît donc largement symbolique à ce stade.

Pas de trace pour l’instant non plus des “mesures spéciales” brandies contre la Banque centrale syrienne, à un moment où elle a été contrainte mercredi de dévaluer sa monnaie après des semaines de forte dépréciation sur le marché noir.

Le chef du mouvement chiite libanais Hezbollah, Hassan Nasrallah, militairement engagé auprès de Damas, a néanmoins accusé mardi la loi César d’avoir pour objectif d'”affamer la Syrie“.

par: Arab Observer



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