L’Université du Bosphore: La police turque a arrêté 14 personnes

La police turque a arrêté mercredi 14 personnes supplémentaires, suspectées d’être impliquées dans la manifestation de centaines d’étudiants de l’Université du Bosphore contre la nomination d’un recteur proche du parti du président Recep Tayyip Erdogan. Au total, 36 personnes ont été appréhendées depuis lundi, selon l’agence de presse étatique turque Anadolu.

Lundi, un millier de personnes avaient manifesté près du campus de l’Université du Bosphore pour protester contre la nomination par un décret du président Erdogan de Melih Bulu, 50 ans, à la tête de ce prestigieux établissement public, où l’enseignement se fait en anglais et qui a formé une partie de l’élite du pays.

Des images tournées par l’agence de presse privée Demirören montraient des unités spéciales de la police forcer les domiciles des suspects et escorter certains d’entre eux, menottés, jusqu’aux véhicules des forces de l’ordre.

La nomination de cette personnalité extérieure à l’université, qui avait tenté en 2015 de briguer un mandat de député sous les couleurs du Parti de la justice et du développement (AKP) de M. Erdogan, a provoqué un tollé. Mercredi, le gouverneur d’Istanbul Ali Yerlikaya a annoncé l’interdiction de “tout rassemblement, manifestation ou marche” autour du campus de l’université, justifiant cette décision par la lutte contre la propagation du coronavirus.

“En 2016, nous nous y étions déjà opposés. C’est la deuxième fois que cela arrive et il nous faut montrer une réaction encore plus forte”, a déclaré à l’AFP Ertugrul Usta, étudiant en ingénierie qui manifestait lundi.

“L’AKP s’efforce depuis un moment déjà de renforcer sa mainmise sur les universités (…) Les étudiants de Bogazici sont venus aujourd’hui pour s’y opposer”, a indiqué Cihan Cicek, étudiant dans un autre établissement venu manifester par solidarité.

Si le dirigeant de l’Université du Bosphore était autrefois élu, M. Erdogan s’est arrogé le pouvoir de nommer les recteurs dans la foulée d’une tentative de putsch en 2016 suivie d’une ferme reprise en main de toutes les institutions.

par: Arab Observer



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