L’ONU appelle à empêcher l’afflux d’armes vers la Birmanie

L’Assemblée générale de l’ONU appelle “tous les États membres à empêcher l’afflux d’armes” vers la Birmanie et condamne le coup d’État militaire du 1er février 2021. Une prise de position rare qui ne va toutefois pas jusqu’à réclamer un embargo mondial.

L’Assemblée générale de l’ONU a adopté une résolution non contraignante destinée à mettre fin des livraisons d’armes vers la Birmanie, condamnant le coup d’État militaire et appelant à la libération des détenus politiques, dont l’ancienne dirigeante Aung San Suu Kyi.

Ce texte a été approuvé par 119 pays tandis que 36 se sont abstenus. C’est le cas de la Chine, premier soutien de la Birmanie, qui a déploré une négociation sans transparence et sans inclusivité. Un seul pays a voté contre, le Bélarus, qui a empêché une adoption de la résolution par consensus comme le voulaient ses auteurs, et imposé un scrutin public.

Particularité notable de ce scrutin : la Birmanie, représentée par l’ambassadeur Kyaw Moe Tun, limogé après le coup d’État de février mais qui continue de défier la junte, a voté en faveur du texte. Après le scrutin, le diplomate a regretté qu’il ait fallu trois mois à l’Assemblée pour adopter cette résolution et qu’elle ne soit pas plus explicite sur un embargo sur les armes.

Parmi les pays s’étant aussi abstenus figurent la Russie, le Mali – où s’est produit récemment un deuxième coup d’État militaire en moins d’un an –, l’Iran ou l’Égypte. L’Assemblée générale de l’ONU adopte très rarement des résolutions condamnant les coups d’État militaires ou appelant à limiter les armes fournies au pays visé.

“Nous devons absolument créer les conditions du rétablissement de la démocratie”, avait indiqué avant le vote le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, espérant un “message très clair” de l’Assemblée. La résolution réclame également l’application d’un plan en cinq points de l’Asean incluant la nomination d’un émissaire et exhorte les forces armées birmanes “à arrêter immédiatement toutes les violences contre des manifestants pacifiques”. Le texte, parrainé par plus d’une cinquantaine d’États, réclame aussi un accès humanitaire sans entrave en Birmanie et une visite de l’émissaire de l’ONU, Christine Schraner Burgener.

“Il s’agit de la condamnation la plus large et la plus universelle à ce jour de la situation en Birmanie”, s’est félicité l’ambassadeur de l’Union européenne (UE) à l’ONU, Olof Skoog. La résolution “envoie un message fort et puissant. Elle délégitime la junte militaire, condamne ses abus et sa violence contre son propre peuple, et démontre son isolement aux yeux du monde”, a-t-il estimé. La résolution demande aussi un retour à la démocratie en Birmanie et la libération de ses dirigeants civils.

Lors la réunion à huis clos du Conseil, initiée par Londres, aucune déclaration commune n’a été adoptée en raison de divisions persistantes entre ses membres, ont indiqué à l’AFP des diplomates. La résolution de l’Assemblée “appelle les États membres de l’ONU à faire l’évidence : cesser de fournir des armes à la Birmanie”, a réagi Human Rights Watch qui milite depuis février pour l’imposition d’un embargo sur les armes.

“Des mois d’atrocités et de graves violations des droits humains par les forces de sécurité de la junte ont montré à maintes reprises pourquoi aucun gouvernement ne devrait leur envoyer une seule balle. Le Conseil de sécurité de l’ONU devrait maintenant intervenir et adopter sa propre résolution imposant un embargo mondial sur les armes à la Birmanie”, a insisté Louis Charbonneau, directeur pour l’ONU à HRW.

par: Arab Observer



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