Tunisie: une manifestation de masse pour libérer les détenus et au renversement du régime

En Tunisie, des centaines de personnes ont manifesté mardi contre la classe politique et la répression policière près du siège barricadé du Parlement, où les députés débattent d’un large remaniement ministériel dans un contexte de tensions politiques.

La session parlementaire intervient au lendemain de troubles entre des protestataires et la police à Sbeïtla, dans une région marginalisée du centre tunisien, après le décès d’un jeune blessé la semaine dernière par une cartouche de gaz lacrymogène lors d’une manifestation.

La principale revendication que les manifestants demandaient au Bardo était la libération des détenus lors des récents événements nocturnes qui se sont déroulés dans différentes parties du pays, et ils appellaient à renverser le régime et à dissoudre le Parlement.

“Liberté, dignité pour les quartiers populaires”, “A bas le régime policier”, ont lancé les manifestants, scandant également des slogans contre le gouvernement ou contre le principal parti au Parlement, le mouvement d’inspiration islamiste Ennahdha.

Les manifestants ont protesté surtout contre la stratégie de répression adoptée face au mouvement de contestation sociale qui a éclaté à la mi-janvier dans des zones marginalisées du pays, au lendemain du 10e anniversaire de la révolution qui a fait chuter le 14 janvier 2011 le dictateur Zine El Abidine Ben Ali, après 23 ans de pouvoir.

Des manifestations pour réclamer la libération des personnes arrêtées et une meilleure politique sociale ont également eu lieu, alors que les restrictions sanitaires ont affecté les plus précaires et coûté des dizaines de milliers d’emplois. Le chômage touche plus d’un jeune sur trois.

La présidente du bloc parlementaire du parti destourien libre, Abir Moussi, a indiqué que les seize membres de son groupe observeront à partir d’aujourd’hui un sit-in au sein de l’Assemblée des représentants du peuple.

La présidente du PDL a lancé, aux manifestants qui se trouvent devant le parlement, un appel « à la révolution » contre les « hypocrites » qui « négocient secrètement », tout en invitant les blocs parlementaires à cesser leurs « actes fourbes » et leurs manipulations et d’ »arrêter de jouer avec les sentiments » des Tunisiens.

Elle a appelé les députés à « boycotter » la plénière consacrée au vote de confiance aux nouveaux membres du gouvernement, les invitant à rejoindre les membres de son groupe et signer la motion de censure.

Plus tôt, au cours de la plénière, Abir Moussi a critiqué les tiraillements politiques entre les deux têtes de l’exécutif, et déclaré refuser de participer au jeu du chat et de la souris auquel se prête autorités au pouvoir.

Elle a, également, invité les députés à signer la motion de retrait de confiance du président de l’Assemblée des représentants du peuple, Rached Ghannouchi. Son élection à la tête du parlement représente « un obstacle » devant la réalisation des attentes des Tunisiens, en particulier sur les plans économique, social et politique », a-t-elle dit.

Un certain nombre de partis politiques en Tunisie, ainsi que des organisations de défense des droits humains, ont condamné ce qu’ils ont décrit comme «une politique de répression sécuritaire des manifestants utilisant des gaz lacrymogènes et des arrestations impliquant des enfants âgés de 14 à 15 ans, soulignant que la liberté d’expression est garantis par la constitution, et ils ont indiqué que «les marches de protestation sont la traduction de politiques ratées, suivies par le gouvernement et les accumulations d’une situation sociale et économique tendue, appelant à la nécessité de poursuivre la manifestation dans un cadre pacifique.

La semaine dernière, la Tunisie a été témoin de manifestations nocturnes, entrecoupées de violences, d’émeutes et de pillages de propriétés publiques et privées, ce qui fait des blessé dles forces de sécurité et les manifestants.

par: Arab Observer



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