Les messages contradictoires d’Erdogan approfondissent la crise avec l’Union européenne

Le régime turc cherche à moderniser les relations avec l’Union européenne, après une série de crises dans lesquelles le président du régime, Recep Tayyip Erdogan, l’a impliqué aux niveaux interne et externe.

Les messages d’Erdogan envers l’Europe sont pleins de contradictions, alors qu’il tente une fois de la courtiser en disant qu’il «voit l’avenir de son pays avec l’Union européenne», puis revient le décrire comme souffrant d’un «aveuglement stratégique», ce qui reflète une crise de confiance, ainsi qu’une sorte de confusion qui perpétue les problèmes avec lUE.

“L’élection de Biden a sonné comme une alarme à Ankara, estime Dorothée Schmid, chercheuse et experte de la Turquie à l’Institut français de relations internationales (Ifri). Erdogan est allé au bout de ce qu’il pouvait obtenir par la stratégie de la tension, et il voit bien que du côté américain il y a une tentation de déléguer aux Européens la prise en charge du dossier turc.”

La visite de trois jours que vient d’effectuer le chef de la diplomatie turque à Bruxelles n’a été que sourires et mains tendues à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, Mevlut Cavusoglu a même proposé que “le processus d’adhésion à l’UE” soit “relancé” à L’Otan, l’émissaire du président Erdogan a estimé que “l’unité et la solidarité au sein de l’Alliance” devaient être “renforcées”.

A Bruxelles, la “remise sur les rails” de la relation entre Ankara et l’UE, selon l’expression d’Erdogan, devra donc se vérifier par des “actes concrets et crédibles”, estime la Commission. Beaucoup craignaient que le président turc casse l’unité européenne au cours de cette confrontation avec la Grèce et Chypre en Méditerranée orientale, en 2019 et 2020. “Mais l’UE a montré qu’elle était capable d’afficher un front uni”, ajoute Dorothée Schmid.

Il y a de nouveaux avertissements selon lesquels le plus gros problème de la politique étrangère turque en 2021 est une fois de plus le gouvernement qui ressent le besoin de dominer la politique intérieure. Le gouvernement d’Erdogan peut-il concilier sa rhétorique externe en quête d’apaisement avec sa rhétorique interne croissante à l’égard de l’opposition? Et dans quelle mesure Erdogan peut-il poursuivre les réformes qu’il a promises?

par: Arab Observer



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