Le ministre de l’Environnement et plusieurs hauts fonctionnaires en Tunisie ont été arrêtés

Le ministre de l’Environnement ainsi que plusieurs cadres de ce ministère et des douanes tunisiennes ont été placés en détention préventive lundi, dans le cadre d’une affaire de déchets jugés “dangereux” importés d’Italie.

Jaber Ghnimi, le porte-parole du tribunal de première instance de Sousse, a déclaré: « 12 fonctionnaires ont été arrêtés, dont le ministre limogé de l’environnement et des affaires locales, Mustapha Laroui».

Il a d’ailleurs expliqué que le tribunal entendra aujourd’hui les déclarations de 10 autres individus qui ne sont pas en état d’arrestation, dont l’ancien ministre de l’Environnement Chokri Ben Hassan (ministre de févrierà septembre 2020) dans la même affaire.

Depuis que des douaniers du port de Sousse, ville de l’est de la Tunisie, ont saisi 70 grands conteneurs puis 212 autres au début de l’été, la douane et le ministère de l’Environnement se renvoient la balle.

Et des têtes ont commencé à tomber : dimanche soir, le ministre de l’Environnement, Mustapha Aroui, a été limogé. Aucun motif officiel n’a été fourni, mais cette décision est bien liée à l’affaire des déchets d’Italie, a affirmé à l’AFP une source gouvernementale sous couvert de l’anonymat.

Les cargaisons mises en cause contenaient des déchets ménagers, dont l’exportation est interdite par la législation tunisienne comme par les conventions internationales, qui les jugent “dangereux”.

Elles ont été importées par une entreprise locale, Soreplast, quelques semaines seulement après que cette société en sommeil a relancé ses activités, avec pour seule autorisation de recycler des rebuts plastiques industriels destinés à l’exportation.

Et cette affaire semble illustrer les ramifications du commerce illégal des déchets, qui augmente face au durcissement des normes européennes, et à la réticence grandissante de l’Asie, longtemps dépotoir des déchets occidentaux.

Dans un rapport en août, Interpol a alerté sur l’augmentation considérable des chargements de déchets plastiques illégaux depuis 2018.

Un phénomène d’autant plus préoccupant que les infrastructures tunisiennes ne permettent pas au pays de surmonter ses propres besoins : seuls 61 % des déchets de la capitale sont collectés, selon un rapport récent de la Banque mondiale, et la majorité aboutit dans des décharges à ciel ouvert.

En juillet dernier, les autorités douanières de la ville côtière (est) de Sousse ont saisi des conteneurs contenant des déchets toxiques en provenance d’Italie, qui ne correspondent pas aux normes d’importation de déchets dans le monde, ce qui a déclenché des réactions de colère dans le pays.

par: Arab Observer



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