Les relations turco-saoudiennes dans l’équilibre politique de l’Égypte

Les sources égyptiennes ne s’attendaient pas à un changement de la position du Caire sur le régime turc, quelle que soit la portée des pourparlers ouverts saoudiens avec Ankara, la bataille de l’Égypte avec Ankara a commencé des années avant Riyad et les processus d’escalade se sont poursuivis par épisodes séparés, liés aux calculs de chaque pays.

Et si le point central de la crise de l’Égypte avec le régime turc consiste à embrasser la Fraternité et à soutenir les extrémistes, alors il sera le code pour rompre le nœud ou le poursuvre.

Il y a deux jours, Riyad a fait preuve d’une flexibilité apparente vis-à-vis du régime turc, tandis que le Caire n’a pas encore fait aucun pas précis vers Ankara, indique qu’il y a une réponse à l’ensemble des messages politiques qui lui sont envoyés par de hauts responsables en Turquie.

Lors de la veille du sommet du G20 présidé par l’Arabie saoudite à Riyad, Recep Tayyip Erdogan et le roi Salmane d’Arabie ont évoqué les moyens d’améliorer leurs liens, lors d’un échange téléphonique.

“Le président Erdogan et le roi Salmane se sont entendus pour maintenir ouvertes les voies du dialogue afin d’améliorer les relations bilatérales et de régler les problèmes”, a indiqué la présidence turque.

La Turquie et l’Arabie saoudite ont longtemps rivalisé pour imposer leur suprématie dans le monde musulman mais les tensions entre les deux puissances régionales à majorité sunnite se sont intensifiées depuis le meurtre en 2018 du journaliste dissident saoudien Jamal Kashoggi à Istanbul.

Des sources ont déclaré que le Caire attend ce qui émergera des positions entre l’Arabie saoudite et la Turquie après le dernier appel entre le roi saoudien Salmane ben Abdulaziz et le président du régime turc, Recep Tayyip Erdogan, et parle d’ouvrir le dialogue et des assurances des hauts responsables saoudiens qu’il n’y a pas de problème avec la Turquie.

Les sources ont indiqué que l’Égypte comprenait les motifs du changement de la position saoudienne vis-à-vis d’Ankara, et cela par rapport aux évaluations de Riyad à ce stade délicat, où une évolution positive ne lui fait pas de mal, mais le problème est que les dirigeants turcs ne sont pas sincères et ne liquideront pas complètement leurs intentions, y compris la suspension du dossier de Jamal Khashoggi pour avoir été employé politiquement à tout moment.

La question devient plus compliqué compte tenu du traitement du régime turc de la confrérie égyptienne en tant que projet d’un gouvernement en exil, en attendant l’occasion de revenir et de reprendre leurs objectifs, ce qui remet en question la légitimité du régime égyptien, et justifie embrassant la Fraternité, en dépit de tous les échecs.

Les observateurs n’excluent pas un changement soudain des estimations égyptiennes concernant le dossier de la Fraternité avec l’arrivée du président démocrate Joe Biden à la Maison Blanche, et ainsi la question de l’entente avec le régime turc devient vérifiable dans un avenir prévisible.

Le gouvernement égyptien a tendance à ne pas abandonner la politique d’attendre que les ficelles noires et blanches lui soient claires dans les situations régionales, puis à décider de manière pratique quelles routes seront empruntées, à condition de ne pas subir de pertes, d’autant plus que le Moyen-Orient sera placé sous la vue du nouveau président américain, Joe Biden.

par: Arab Observer



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