Ghannouchi fait face à des pressions de l’intérieur de parti Ennahdha pour démissionner

 

Les membres d’Ennahdha deviennent de plus en plus montés contre leur président, Rached Ghannouchi, à cause de ses erreurs compromettantes, autant pour lui que pour eux tous.

La dernière de ces bévues, a été notée par les membres du parti islamiste, à la dernière séance plénière de l’ARP, quand Ghannouchi a présenté une argumentation plus que compromettante, pour expliquer sa visite controversée à Erdogan. Argumentation qui, selon ses frères d’armes, l’a enfoncé encore davantage, et donné raison à ses détracteurs.

Le leader au sein d’Ennahdha a appelé, hier, au cours du programme Houna Tounes, Rached Ghannouchi à lâcher la présidence du parti. Il a précisé que Ghannouchi est le leader incontesté d’Ennahdha, pas seulement, son président. Il devrait laisser la présidence à quelqu’un d’autre et donner l’ordre d’organiser le congrès du mouvement à sa date prévue.

Ben Salem a ajouté que les dirigeants d’Ennahdha s’entêtent à multiplier les erreurs et que Ghannouchi s’accroche à la présidence du parti et n’hésite pas à punir tous ceux qui prétendent l’y remplacer.

En effet, et pour expliquer sa visite à Istanbul, le lendemain, même, de sa déconfiture au parlement, Ghannouchi a prétendu qu’il avait pris, à l’avance un rendez-vous avec Erdogan. Et qu’il lui fallait s’y prendre assez à l’avance, comme avec tous les chefs d’Etat, et qu’il était en contact, permanent, avec lui, par téléphone. Les membres d’Ennahdha ont vu que cette explication ne pouvait convaincre personne, en plus du fait qu’elle le compromet encore plus. Puisqu’il reconnaissait, tacitement, qu’il avait des secrets à transmettre à Erdogan. Des secrets qu’il ne pouvait se hasarder à raconter au téléphone, puisque, comme il le disait si bien, la police n’est pas sûre, en Tunisie, et une possible écoute, pourrait dévoiler beaucoup de choses. Ou, alors qu’il avait des documents qu’il devait lui transmettre en mains propres.

Et, il faut croire que ce n’est pas la seule cause de la colère qui ne cesse de monter dans les rangs des nahdhaouis, à l’égard de leur président, puisque il parait, selon des sources proches de Mont plaisir, que le Cheikh a fait lancer, depuis quelques jours, une campagne de sollicitation (Mounchada), s’adressant à lui, lui demandant de ne pas quitter la présidence du parti. Ce qui n’est pas pour plaire aux dirigeants d’Ennahdha qui sont en train de le pousser vers la porte de sortie du parti. Sachant que ces dirigeants ne cessent de lui rappeler son engagement à désigner la commission de préparation du prochain congrès du parti, chose qu’il n’a, toujours, pas abordé, voulant, certainement, gagner un maximum de temps, et se préparer bien comme il le faut, avant de lancer la procédure de préparation du congrès.

Abir Moussi a reproché au président de l’ARP sa visite en Turquie tout de suite après la chute du gouvernement Jemli, une visite non annoncée au moment où le président turc Erdogan s’apprêtait à intervenir militairement en Libye.

Elle a aussi accusé Ghannouchi d’avoir violé les secrets de l’Etat en sa qualité de membre du conseil de sécurité nationale.

« Il faut lui retirer la confiance », a-t-elle ajouté en indiquant que son bloc a pris l’initiative d’une motion pour le retrait de la confiance que ses 17 membres ont signé et qu’ils mettront à la disposition des autres blocs parlementaires.

Mais elle a fait observer que les autres blocs ont tergiversé car ils n’ont pas le courage d’affronter Ennahdha. Cette remarque lui a valu les répliques d’autres blocs qui lui ont reproché d’être l’héritière de l’ère de l’arbitraire et de la dictature.

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