fbpx

La chancelière Angela Merkel est en quarantaine

 

Angela Merkel, en contact vendredi avec un médecin testé positif au nouveau coronavirus, a “décidé de se placer immédiatement en quarantaine” à domicile d’où elle poursuivra ses activités, a annoncé dimanche le porte-parole du gouvernement allemand.
La chancelière a été “informée qu’un médecin qui lui avait administré un vaccin contre des infections à pneumocoque vendredi après-midi était positif” au nouveau coronavirus, a indiqué Steffen Seibert dans un communiqué.
Angela Merkel “fera l’objet d’un test au cours des prochains jours” pour savoir si elle est infectée, a ajouté le porte-parole, pour qui un “test à ce stade ne serait pas concluant”.
La chancelière, âgée de 65 et en poste depuis novembre 2005, “poursuivra ses activités officielles en quarantaine à domicile”, à Berlin, conclut M. Seibert.

Le gouvernement fédéral, associé à douze régions du pays, a annoncé une nouvelle liste de mesures restrictives destinées à limiter les contacts au minimum, et ceci pour une durée de deux semaines. Ainsi, les rassemblements de plus de deux personnes en dehors de la sphère familiale seront interdits et la distance à observer dans l’espace public entre deux personnes est limitée à 1,5O mètre.
Après avoir vu leurs horaires d’ouverture encadrés entre 6 et 18 heures, les services de restauration seront totalement fermés, de même que les magasins de cosmétique et les coiffeurs qui, curieusement, bénéficiaient encore d’une exemption. En revanche, les pharmacies devraient rester ouvertes. Les déplacements seront autorisés afin de se rendre à son travail, pratiquer le sport, prendre l’air et venir en aide à ses proches. Les contrevenants seront sanctionnés, indique le texte. Selon les données communiquées dimanche matin par l’Institut Koch, 18.610 cas ont été détectés, soit 1.950 de plus que le jour précédent, et 55 décès comptabilisés (+ 9).

Ces nouvelles mesures s’ajoutent à une panoplie déjà annoncée par la chancelière il y a une semaine, prévoyant en particulier la fermeture des écoles et des salles de spectacles, mais dont l’application plus concrète tardait à entrer en vigueur. C’était particulièrement le cas à Berlin où flotte par tradition un parfum anti autoritaire. «Je n’ai pas limité mes déplacements», avouait encore jeudi, Sigmount Koenisberg, un responsable de la Grande mosquée de Berlin, interrogé par Le Figaro. «Il reste des larges groupes dans la population qui manquent de responsabilité sociale et se disent : après moi le déluge», regrettait néanmoins ce responsable religieux. La police de Berlin avait notamment sanctionné des groupes de jeunes qui organisaient des fêtes Corona dans les parcs de la capitale, conduisant donc le gouvernement à serrer un peu plus la vis.

Même des responsables politiques s’étaient déclarés hostiles à toute mesure de confinement. «Imaginez des familles avec plusieurs enfants sans balcon et sans jardin, incapables d’aller prendre l’air. C’est difficile à imaginer sur le long terme», plaidait dans l’édition dominicale de Die Welt, le président social-démocrate du land de Basse-Saxe, Stephan Weil, qui a finalement consenti à se joindre au mouvement.
La gravité de la pandémie oblige par ailleurs les responsables politiques à s’interroger sur le bien-fondé du fédéralisme à l’allemande en période de crise. Cette organisation du pays héritée de la seconde guerre mondiale, et qui avait pour but de briser la puissance centralisatrice du pouvoir allemand à l’époque du régime nazi, se révèle difficilement gérable à l’heure où le pays doit se calfeutrer dans un même élan. La Bavière fut ainsi la première région, vendredi soir, à imposer un couvre-feu alors que partout ailleurs, des dérogations locales restaient en vigueur. La réunion de dimanche, organisée par téléconférence entre Angela Merkel et les présidents de douze régions, était considérée comme un test. La semaine prochaine, tout le pays devrait respecter les mêmes consignes.

par: Arab Observer

Afficher plus
Bouton retour en haut de la page
Fermer